Une Église au visage autochtone

IMC
Cathédrale de Mexico

Renforcer l’inculturation de la foi et promouvoir une plus grande participation des peuples autochtones à la vie de l’Église, tel était l’objectif de la deuxième Rencontre nationale sur les traductions et les adaptations liturgiques autochtones, qui s’est tenue à Mexico du 23 au 27 mars 2026. Organisée par la Commission liturgique de la Conférence épiscopale mexicaine (CEM), cette rencontre a réuni des évêques, des prêtres, des spécialistes des langues autochtones et des agents pastoraux venus de différents diocèses du pays, ainsi que des représentants d’autres nations d’Amérique latine. Dans ce contexte, le cardinal Felipe Arizmendi Esquivel, […] a souligné que cet événement avait offert un espace privilégié pour « partager les expériences des diocèses, analyser les critères bibliques, liturgiques et culturels et proposer des processus » permettant de progresser dans l’inculturation de la liturgie parmi les peuples autochtones. […]

[…] Selon le cardinal Arizmendi, cette proximité a confirmé que le chemin entrepris se développe en communion avec l’Église universelle : « Nous sentons que nous ne nous trompons pas… le Dicastère nous accompagne, nous comprend et nous encourage », a-t-il affirmé, soulignant que les orientations reçues ne visent pas à limiter, mais plutôt à ouvrir des voies sûres pour le discernement pastoral. […] Il a rappelé que l’inculturation n’est pas un élément secondaire, mais une condition indispensable du mystère chrétien.   « L’Incarnation est un modèle d’inculturation : « Le Verbe s’est fait chair et est venu habiter parmi nous », a-t-il observé, expliquant que le Verbe de Dieu a revêtu une culture spécifique et une langue propre au peuple. […] Il a évoqué l’expérience de Guadalupe comme un signe éloquent de proximité : la Vierge Marie est apparue parlant en langue nahuatl, s’inscrivant ainsi dans la culture des populations indigènes.

Le cardinal Arizmendi a rappelé que le Concile Vatican II avait déjà encouragé ce processus, affirmant que l’Église n’impose pas l’uniformité, mais respecte et promeut la richesse culturelle des peuples. Il a toutefois reconnu que les progrès avaient été limités : « Plus de cinquante ans se sont écoulés et nous avons peu progressé dans ce domaine », a-t-il averti. Dans la lignée des enseignements du pape François, le cardinal a exhorté chacun à ne pas étouffer la créativité missionnaire et à promouvoir des formes concrètes d’inculturation dans la vie liturgique. Il a invité toute l’Église à reconnaître la valeur des cultures autochtones en tant qu’expression de l’action de Dieu […] invitant chacun à s’allier pour leur conservation et leur valorisation. Un engagement visant à garantir que ces cultures « ne se perdent pas », mais qu’elles continuent d’enrichir la vie et la mission de l’Église.

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